Le traité des Mannequins 1/3

Je vous livre aujourd’hui une première compilation d’une série photographique que je réalisai il y bien longtemps. Au siècle dernier — pour tout vous dire et passer pour un vieux con, que je suis depuis que j’ai 12 ans.

Comme évoqué dans un précédent post, cette série s’intitule Le traité des Mannequins, en référence au recueil de nouvelles Les boutiques de cannelle de Bruno Schulz.

Je fis la découverte de cet auteur dans ce qui se révélèrent être les conditions idéales pour une telle rencontre : dans les brumes ensommeillées du réveil. Ce matin-là, mon radio-réveil, branché sur une célèbre fréquence un peu intello-poussiéreuse, diffusait une lecture d’un texte étrange & lumineux.

Nous le reconnaissons avec franchise : nous ne mettons pas l’accent sur la durée ou la solidité de l’exécution, et nos créatures seront comme provisoires, faites pour ne servir qu’une fois. S’il s’agit d’êtres humains, nous leur donnerons par exemple une moitié de visage, une jambe, une main, celle qui sera nécessaire pour leur rôle. Ce serait pur pédantisme de se préoccuper du second élément s’il n’est pas destiné à entrer en jeu. Par-derrière, on pourrait tout simplement faire une couture, ou les peindre en blanc.

— Bruno Schulz

Je fus éblouis. Je fus ému par les résonances que ce texte développait avec ma fascination — mi-amoureuse, mi-morbide — pour les mannequins des vitrines de magasins.

Les jours, les mois et les années suivantes je décidai de cultiver cet écho et de structurer une exploration photographique du thème « créer l’homme une deuxième fois, à l’image et à la ressemblance du mannequin »

Programme dont voici la première partie.

 

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