© 2011 brr. All rights reserved.

Comptine

Sur l’air pesant d’une marche funèbre :

Je suis allé à la morgue
Pour voir s’il y avait des noyés
Des noyés

Il y avait une femme morte
Un vieux qui lui suçait les pieds
Suçait les pieds

La peau du ventre
Etait si verte
Qu’on aurait dit des épinards au beurre de noix
Au beurre de noix

Et sur son dos – ho
Des asticots – ho
Qui répétaient ces quelques mots…

Je suis allé à la morgue…

ad libitum

Il s’agit de la seule comptine que j’ai le souvenir d’avoir chanté dans mon enfance.

Il y en a bien une autre à propos d’une vache qui avait de beaux yeux, qui battait la mesure avec sa queue et qui avait vu un beau taureau à Bilbao, mais le souvenir n’est pas aussi clair et limpide.

A l’occasion de la rédaction de ce post, en essayant de trouver le nom de cette ritournelle, j’ai découvert qu’il en existait d’autres variations.

J’ai découvert, et cela vient blesser quelque peu mon orgueil déviant, que cette chansonnette macabre était devenue l’hymne du Paris Université Club. Que dire… Cela me laisse sans voix. Un club omnisports fondé en 1906. Un club dont le dernier rapport d’activité dénombre 7213 membres et dont la devise est : Laissez-vous gagner ! Un club dont la fiche Wikipedia expose la citation suivante :

L’équipe universitaire est le premier et peut-être le seul organisme capable de donner solidement à un adolescent le goût de l’effort en commun. Capable de le préparer à son rôle d’homme, de lui enseigner le prix du travail collectif et de lui apprendre ce qu’il sera plus tard : une cellule sociale.

— Gilbert Prouteau

Si l’on regarde avec attention — hypnotique — des éléments aussi disparates que, d’un côté deux gosses de 3 et 5 ans ( ma soeur et moi ) qui chantent à gorges déployées « Un vieux qui lui suçait les pieds » en sautillant sur la banquette arrière d’une 2CV et d’un autre côté les propos terrifiants d’un certain M. Prouteau, « Artiste complet » (là encore selon sa fiche Wikipedia), sur le rôle de l’homme comme cellule sociale…

Si l’on louche suffisamment sur cet élément, à savoir cette comptine morbide, qui semble « relier » ces deux séquences, on finit par comprendre — enfin — le sens de la vie.

Garanti sur facture.

5 Commentaires

  1. Publié le 25 Avr ’11 à 20 h 45 min | Permalien

    Je me souviens bien de la comptine morbide… Et l’autre c’était :
    As-tu vu la vache, la vache aux yeux bleus
    La jolie p’tite vache, qui faisait meuh-meuh
    Avec sa p’tite queue légère, terminée par un pompon
    Elle battait la mesure quand les p’tits oiseaux chantaient
    Tous les boeufs, tous les boeufs
    Tous les boeufs aimaient la vache
    Mais la vache n’en aimait aucun d’eux
    Elle aimait un taureau, oui un taureau
    Qu’elle avait vu à Bilbao, à Bilbao
    A la foire aux bestiaux
    Qu’il était beau, qu’il était gros
    C’était bien un taureau costaud, olé !

  2. brr
    Publié le 25 Avr ’11 à 21 h 24 min | Permalien

    Merci beaucoup pour cette information Anne-Hecdothique fondamentale ! Et voilà un trou de moins dans mon cerveau.

  3. Jean-Baptiste
    Publié le 7 Avr ’14 à 14 h 12 min | Permalien

    Lors de mon adolescence éclais (Eclaireuses et Eclaireurs de France, des scouts laïcs et mixtes), on chantait cette chanson un peu modifiée…

    Je suis allé à la morgue
    Voir s’il n’y avait rien à bouffer
    Rien à bouffer

    J’y ai trouvé une femme morte
    Un vieux qui lui suçait les pieds
    Suçait les pieds

    La peau du ventre
    Etait si verte
    Qu’on aurait dit des épinards
    Poils aux panards

    Et sur son dos – ho
    Des asticots – ho
    Qui répétaient ces quelques mots…

    Hum, c’est bon, c’est gluant, ça glisse entre les dents
    J’aime le mollard des vieux, la chique des vieilles,
    Le liquide qui sort des yeux et par les oreilles.

    Bon a- bon a-pé-ttit,
    A vous, à vous aussi
    Merci merci beaucoup
    De rien de rien du tout
    Les Eclais c’est le pied!

    • brr
      Publié le 8 Avr ’14 à 21 h 53 min | Permalien

      Je note cette recette qui, en quelques images bien senties, vous met tout de suite en appétit !

  4. Cuintino
    Publié le 12 Fév ’16 à 13 h 31 min | Permalien

    Je suis allé à la morgue
    Et j’y ai vu des creuvés
    Oui des creuvés,
    J’ai trouvé une femme morte
    et je l’ai sodomisée
    sodomisée
    La peau d’son ventre
    Etait si verte
    Qu’on aurait dit des épinards
    Des épinards
    Et sur son dos -oh
    Des asticots-oh
    Avaient gravés ces quelques mots oh oh oh
    J’aime le crachat des vieux, la morve des vieilles le pus des boutons creuvés, le miel des oreilles !
    Humm c’est bon ! ça roule sous la dent !

Laisser un commentaire

Votre e-mail ne sera jamais publié ni communiqué.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>